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Un reclassement massif décidé par arrêté
Depuis le 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique (DPE) obéit à une nouvelle règle de calcul. L'arrêté du 13 août 2025 abaisse le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire de 2,3 à 1,9. Concrètement, pour un logement chauffé à l'électricité, la consommation d'énergie primaire affichée par le diagnostic baisse mécaniquement, sans le moindre travaux.
L'effet est loin d'être marginal. Selon les estimations gouvernementales relayées par le ministère de l'Économie, entre 700 000 et 850 000 logements quittent le statut de passoire thermique (étiquettes F et G) par ce seul changement de méthode. Le gouvernement chiffre par ailleurs à environ 7 millions le nombre de résidences principales qui gagnent au moins une classe énergétique, dont l'immense majorité sont chauffées à l'électricité.
Pour situer l'ampleur du mouvement : au 1er janvier 2025, la France comptait 3,915 millions de passoires thermiques parmi ses résidences principales, soit 12,7 % du parc, selon l'Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE) et le SDES. En une nuit d'arrêté, près d'un cinquième de ce stock change donc d'étiquette.
Une amélioration sur le papier, pas sur la facture
La nuance est de taille. Le reclassement corrige un biais réel — l'électricité, énergie largement décarbonée, était pénalisée face au gaz et au fioul importés. Mais il ne change rien à la consommation réelle du logement ni au montant des factures. Un bien classé F en 2025 sur la base d'un chauffage électrique peut se retrouver en E en 2026 tout en consommant exactement autant.
L'écart avec la rénovation effective est net. Sur l'année précédente, la baisse du nombre de passoires observée par l'ONRE (−12 %, soit 327 000 logements de moins) tenait déjà pour partie à des ajustements de calcul plutôt qu'à des travaux. Le millésime 2026 accentue le phénomène : la statistique s'améliore plus vite que le bâti.
Ce reclassement a une conséquence juridique concrète : un logement qui repasse de F à E échappe au calendrier d'interdiction de location des passoires, avec plusieurs années de visibilité supplémentaires pour son propriétaire bailleur.
Un effet très inégal selon les territoires
Le reclassement ne pèse pas partout de la même façon, car la part de logements chauffés à l'électricité et la structure du parc varient fortement. Paris, où 17,9 % des logements diagnostiqués étaient classés F ou G — plus du double de la moyenne nationale — figure parmi les territoires les plus concernés par les changements d'étiquette de 2026. L'Île-de-France, qui concentre environ 27 % des passoires nationales pour 22 % du parc, voit sa photographie énergétique nettement rebattue.
À l'inverse, les départements alpins (Hautes-Alpes, Savoie, Haute-Savoie) et ruraux (Cantal, Lozère, Nièvre, Corrèze), où le chauffage n'est pas majoritairement électrique et où le climat pèse sur les consommations, bénéficient moins de ce coup de pouce statistique.
Ce que cela signifie pour votre achat
Face à un bien reclassé en 2026, une lecture attentive du diagnostic s'impose. Vérifiez la date d'édition du DPE, l'énergie de chauffage et la consommation exprimée en kWh, plus révélatrice que la seule lettre affichée. Un logement passé de F à E sans travaux consomme autant qu'avant : les factures et le confort thermique restent les vrais juges de paix, tout comme le coût des rénovations éventuelles. L'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME permet de recalculer gratuitement un diagnostic antérieur selon la nouvelle méthode à partir de son numéro ADEME.
Radar du Bien croise les données DPE de l'ADEME avec les prix DVF et les risques Géorisques pour vous aider à comprendre ce que vaut réellement un logement, au-delà de la seule étiquette énergétique.
Sources
- Ministère de l'Économie et des Finances, « Un nouveau DPE au 1er janvier 2026 » (arrêté du 13 août 2025, coefficient électricité 2,3 → 1,9)
- SDES / Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE), « Le parc de logements par classe de performance énergétique au 1er janvier 2025 » (novembre 2025)
- ADEME, Observatoire DPE-Audit
- Données locales : part des passoires thermiques à Paris et en Île-de-France (ONRE / SDES)
Le marché de Paris en chiffres
Voir l'analyse complète →Données mises à jour au déploiement. Sources : DVF Etalab, INSEE, Géorisques. Pour des chiffres en temps réel, voir la page commune.
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