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#5Chiffre de la semaine·2026-06-28·6 min de lecture

Maisons −0,2 %, appartements +0,6 % : la première fracture de prix de 2026 (INSEE)

Au premier trimestre 2026, l'INSEE mesure une hausse des prix de l'ancien réduite à +0,1 % sur un an. Mais la moyenne masque deux fractures : les maisons reculent (−0,2 %) quand les appartements montent (+0,6 %), et la province cale (0,0 %) pendant que l'Île-de-France repart (+0,6 %). Décryptage.

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Le chiffre : +0,1 % qui cache deux marchés

+0,1 %. C'est la hausse des prix des logements anciens en France sur un an, mesurée par l'INSEE au premier trimestre 2026 (Informations Rapides n°130, publiées le 28 mai 2026). Un quasi-arrêt, après +1,0 % au trimestre précédent.

Mais cette moyenne nationale n'existe nulle part sur le terrain. Derrière le +0,1 %, deux marchés s'écartent. Sur douze mois, les appartements progressent de +0,6 % quand les maisons reculent de −0,2 %. C'est la première fois depuis la sortie de crise que l'évolution annuelle des maisons repasse en territoire négatif au niveau national.

Le mouvement se confirme dans les avant-contrats : selon la note de conjoncture des Notaires de France, les projections de fin mai 2026 donnent les maisons à −0,5 % sur un an contre +0,3 % pour les appartements. La tendance n'est donc pas un accident de mesure trimestriel.

Une seconde fracture, géographique

À la fracture par type de bien s'ajoute une fracture par territoire. Toujours sur un an au premier trimestre 2026 :

  • Île-de-France : +0,6 % — troisième trimestre consécutif de hausse.
  • Province : 0,0 % — strictement stable.

Autrement dit, la quasi-totalité de la hausse nationale provient de l'Île-de-France. Et même là, le clivage maison/appartement est net : en Île-de-France, les appartements gagnent +1,0 % sur un an quand les maisons perdent −0,4 %.

Le marché reste par ailleurs porté par les volumes, pas par les prix. Les Notaires de France comptabilisent 958 000 transactions dans l'ancien sur douze mois à fin février 2026, soit +11 % sur un an — une reprise réelle depuis le point bas de 832 000 ventes de septembre 2024, mais qui reste loin du pic de 1 251 000 d'août 2021. La reprise se fait par le nombre d'acheteurs, pas par leur capacité à payer plus cher.

Ce que cela signifie pour votre achat

Le décrochage des maisons n'est pas qu'une question de surface ou de localisation. Une maison individuelle cumule des fragilités que la moyenne de marché commence à valoriser : elle est plus souvent classée passoire énergétique qu'un appartement, plus exposée aux aléas climatiques mesurés sur la parcelle (retrait-gonflement des argiles, inondation, submersion), et supporte seule ses coûts de rénovation. Dans un marché où l'acheteur a repris la main sur le prix, ces fragilités se traduisent désormais en décote.

Concrètement, deux biens affichés au même prix au mètre carré dans la même commune n'ont pas le même risque de perte de valeur. Un appartement bien classé en zone tendue et une maison F en zone d'argile forte ne suivront pas la même trajectoire dans les prochains trimestres.

Radar du Bien croise précisément ces données — DPE de l'ADEME, aléas de Géorisques, transactions DVF — pour vous aider à comprendre, avant de signer, si l'adresse visée se situe du bon côté de la fracture.

Sources

  • INSEE, Informations Rapides n°130, « Au premier trimestre 2026, les prix des logements anciens sont en hausse (+0,2 %) », publié le 28 mai 2026
  • Notaires de France, note de conjoncture immobilière n°71 (avant-contrats à fin mai 2026 ; 958 000 transactions sur douze mois à fin février 2026)
  • SDES (statistiques.developpement-durable.gouv.fr), parc de logements et diagnostics de performance énergétique

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