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#4Chiffre de la semaine·2026-06-28·6 min de lecture

Argile : 12,1 millions de maisons en zone à risque au 1er juillet 2026, soit 1,8 million de plus

Le 1er juillet 2026, la nouvelle carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles entre en vigueur. Les zones moyennes et fortes passent de 48 % à 55 % du territoire : 12,1 millions de maisons individuelles sont désormais concernées, contre 10,3 millions. Ce que cela change pour un achat.

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Le chiffre : 12,1 millions de maisons exposées

12,1 millions. C'est le nombre de maisons individuelles désormais situées en zone d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles (RGA), selon la nouvelle carte nationale qui entre en vigueur le 1er juillet 2026. Source : arrêté du 9 janvier 2026, carte publiée par le BRGM sur Géorisques.

Le saut est net. L'ancienne carte de 2020 recensait 10,3 millions de maisons concernées, soit 52,5 % du parc individuel. La nouvelle en compte 12,1 millions, soit 61,5 %. En clair, 1,8 million de maisons supplémentaires basculent en zone à risque du jour au lendemain. À l'échelle du territoire, les zones moyennes et fortes couvrent maintenant 55 % de l'Hexagone, contre 48 % il y a six ans.

Cette extension n'est pas une découverte de nouveaux sols argileux : elle traduit l'intégration du changement climatique et de la sinistralité observée. Les épisodes de sécheresse-réhydratation, plus fréquents et plus intenses, font gonfler puis se rétracter les argiles, ce qui fissure les fondations des maisons.

Pourquoi l'État durcit le cadre

Le retrait-gonflement des argiles est devenu le premier poste de dégâts du régime catastrophes naturelles. Selon France Assureurs, le RGA représente 56 % des indemnisations « catastrophes naturelles » liées au bâti sur la période 2020-2024. La seule sécheresse de 2022 a coûté 3,5 milliards d'euros d'indemnisation.

À compter du 1er juillet 2026, la nouvelle carte s'applique aux promesses et actes de vente de terrains non bâtis constructibles ainsi qu'aux contrats de construction de maison individuelle. Dans les zones moyennes ou fortes, une étude géotechnique préalable reste obligatoire pour ces opérations, héritée de la loi ELAN — le périmètre concerné s'élargit donc mécaniquement avec la carte.

Pour les ventes de maisons existantes, c'est l'état des risques (information acquéreur-locataire) qui mentionne l'exposition au RGA. Un bien jusqu'ici hors zone peut donc se retrouver, au 1er juillet, à devoir afficher un risque qui ne figurait pas dans le dossier de diagnostic la veille.

En parallèle, l'État a lancé fin 2025 un fonds de prévention expérimental, doté de 30 millions d'euros pour 2026 dans onze départements particulièrement exposés. Son démarrage reste lent : seuls 19 dossiers étaient en cours de paiement après six mois.

Ce que cela signifie pour votre achat

Le RGA ne rend pas un bien invendable, mais il déplace le risque vers l'acquéreur. Une maison en zone forte peut être saine aujourd'hui et fissurer après une sécheresse marquée, avec des réparations qui se chiffrent souvent en dizaines de milliers d'euros et une indemnisation conditionnée à la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle.

Concrètement, si l'adresse visée bascule en zone moyenne ou forte au 1er juillet, plusieurs réflexes s'imposent : vérifier l'historique des arrêtés catastrophe naturelle de la commune, inspecter les fissures existantes et leur évolution, et chiffrer le coût d'éventuelles reprises en sous-œuvre avant de fixer son prix. Sur un terrain à bâtir, l'étude géotechnique conditionne désormais le type de fondations — et donc le budget de construction.

Radar du Bien croise ces données — exposition RGA de Géorisques, historique des transactions DVF et profil énergétique du parc — pour vous aider à comprendre, adresse par adresse, ce que le risque argile change réellement à la valeur d'un bien.

Sources

  • Service-public.fr, « Le nouveau zonage d'exposition au retrait-gonflement des argiles » (arrêté du 9 janvier 2026)
  • Géorisques / BRGM, carte d'exposition au retrait-gonflement des argiles, version 2026
  • France Assureurs, données sinistralité catastrophes naturelles 2020-2024
  • Ministère de la Transition écologique, fonds de prévention argile (expérimentation 2025-2026)

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