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Un plancher qui ne remonte pas
Le contraste est saisissant. Alors que le marché de l'ancien affiche une nette reprise, avec 958 000 ventes cumulées sur douze mois à fin février et une progression annuelle de l'ordre de 11 % selon les Notaires de France, la construction neuve, elle, reste clouée au sol.
Selon les données du Service des données et études statistiques (SDES, ministère de la Transition écologique), publiées début juin, 295 250 logements ont été mis en chantier au cours des douze mois écoulés à fin mai 2026. C'est 13 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes. Le chiffre reste provisoire — le taux de collecte des mises en chantier est encore partiel — mais l'ordre de grandeur est sans appel.
En amont de la chaîne, les autorisations de construire tiennent un peu mieux : 384 935 logements autorisés sur la même période de douze mois, soit 5,7 % sous la moyenne quinquennale. L'écart entre permis accordés et chantiers effectivement lancés illustre la prudence des porteurs de projets, qui obtiennent leur autorisation sans nécessairement engager les travaux.
Un rebond mensuel en trompe-l'œil
Les publications récentes ont mis en avant un sursaut : en mai 2026, les autorisations bondissent de 23,7 % sur un mois, à 34 832 unités, et les mises en chantier progressent de 1,1 %. Mais ces variations mensuelles, largement portées par le logement collectif, sont volatiles : avril avait reculé de 31,3 %, mars avait bondi de 33,8 %.
Sur cinq mois, le niveau moyen des autorisations dépasse de 8,1 % celui de 2025 — un signe de stabilisation davantage qu'une franche reprise. Ramené à la tendance longue, le secteur reste très en deçà de son rythme d'avant-crise. Le diagnostic des Notaires est explicite : le marché du logement neuf « demeure largement et durablement diminué ».
Ce que cela signifie pour votre achat
Cette pénurie durable de construction n'est pas neutre pour un acheteur. Un flux de logements neufs contraint pèse mécaniquement sur l'offre disponible dans les zones tendues et entretient une pression sur les prix de l'ancien, seul segment réellement liquide. À l'inverse, dans les territoires où la demande faiblit, un stock de programmes neufs invendus peut peser à la baisse.
La remontée des taux directeurs de la BCE, relevés de 25 points de base le 11 juin — première hausse depuis septembre 2023 — ajoute une inconnue : un crédit qui se renchérit à la rentrée pourrait de nouveau différer les décisions d'investissement, notamment dans le neuf, plus sensible aux conditions de financement. Regarder la dynamique de construction de votre commune, et pas seulement les prix affichés, aide à distinguer un marché sous tension d'un marché en excès d'offre.
Radar du Bien croise ces données publiques — construction, DPE, risques et prix DVF — pour vous aider à comprendre le contexte réel d'un bien avant de vous engager.
Sources
- SDES, ministère de la Transition écologique : Construction de logements, résultats à fin mai 2026 (France entière) — statistiques.developpement-durable.gouv.fr
- INSEE, séries « Construction de logements »
- Notaires de France : note de conjoncture immobilière, projections des avant-contrats à fin mai 2026
- Banque centrale européenne : décision de politique monétaire du 11 juin 2026
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